Salut & Fraternité

Le trimestriel de la laïcité en Province de Liège

  • Thomas Herremans
    Thomas Herremans
    administrateur de la Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation permanente - Liège
  • Bernadette Rasquin
    Bernadette Rasquin
    administratrice de la Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation permanente - Liège

La ligue de l'enseignement et de léducation permanente

La section régionale de Liège de la Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation permanente asbl (LEEP) a pour objet la défense et la promotion de l’enseignement public et laïque. Elle a également pour vocation le développement, dans tous les domaines, des activités d’éducation permanente créées en vue d’apporter aux jeunes et aux adultes le complément de formation, d’information et de culture nécessaire à leur participation à l’élaboration de la société contemporaine.

À une époque où les avancées sociales sont remises en cause, où rien n’est jamais définitif, les membres du conseil d’administration actuel de la Ligue de Liège sont soucieux de poursuivre et de développer les missions de l’association.

Ils se veulent donc actifs sur le territoire de la province de Liège, en privilégiant le débat et l’analyse de l’actualité dans un souci d’enrichissement commun, tout en plaçant l’humain au centre des préoccupations sociétales.


Entretien avec

Thomas Herremans

Bernadette Rasquin

Défendre et promouvoir l'enseignement public et l'éducation laïque

Salut & Frater­nité : Dans le cadre des prochaines élec­tions, quelles sont les prio­ri­tés défen­dues par la LEEP Liège ?

Thomas Herre­mans et Berna­dette Rasquin : La défense et la promo­tion de l’enseignement offi­ciel sont pour nous deux prio­ri­tés abso­lues, elles font partie de l’ADN de notre asso­cia­tion. Le constat est connu depuis long­temps déjà : notre système éduca­tif est rela­ti­ve­ment peu effi­cace et parti­cu­liè­re­ment inéga­li­taire. Plutôt que de corri­ger les inéga­li­tés sociales de départ, l’école les ampli­fie et les trans­forme en inéga­li­tés scolaires. Les élèves de milieux privi­lé­giés performent quand, dans le même temps mais dans d’autres écoles, les élèves moins favo­ri­sés sur le plan socio-écono­mique rencontrent les plus grandes diffi­cul­tés (faible perfor­mance, redou­ble­ment, relé­ga­tion, décro­chage, exclu­sion…). Il est urgent de répa­rer l’ascenseur social. Il est notam­ment indis­pen­sable de lutter réel­le­ment contre tous les méca­nismes de discri­mi­na­tion par la gratuité de l’enseignement et des moyens de trans­port pour les élèves, ce qui faci­li­te­rait la mixité sociale, par la colla­bo­ra­tion avec d’autres services publics cultu­rels comme les biblio­thèques, les centres cultu­rels et les musées, ainsi qu’avec des centres spor­tifs publics, piscines et salles de sports. Soyons conscients de la ségré­ga­tion sociale et scolaire. Les diffé­rences entre les élèves s’expliquent en grande partie par des diffé­rences entre les établis­se­ments au sein du système éduca­tif. Dans cette pers­pec­tive, l’instauration d’un réseau unique est pour nous une prio­rité. La LEEP Liège se réjouit de l’introduction du cours de philo­so­phie et de citoyen­neté, moteur pour l’apprentissage de l’esprit critique et de l’engagement démo­cra­tique. Par consé­quent La LEEP souhaite que ce cours passe à deux heures obli­ga­toires pour tous les élèves. La LEEP soutient l’obligation scolaire à trois ans afin de prépa­rer les enfants aux appren­tis­sages scolaires.

La LEEP propose régu­liè­re­ment des confé­rences et des rencontres cultu­relles pour susci­ter le débat autour des ques­tions scolaires

La réforme de la forma­tion initiale devra mieux armer les futurs ensei­gnants afin de les doter des compé­tences néces­saires à l’exercice de leur profes­sion. La forma­tion conti­nue doit égale­ment permettre aux ensei­gnants de parfaire leur déve­lop­pe­ment profes­sion­nel. Le nouveau modèle de gouver­nance des écoles mis en place dans le cadre du Pacte pour un ensei­gne­ment d’excellence redé­fi­nit les missions des direc­tions des établis­se­ments. Il est essen­tiel que celles-ci soient soute­nues, accom­pa­gnées, formées afin qu’elles puissent plei­ne­ment assu­mer le leader­ship péda­go­gique et déve­lop­per le travail colla­bo­ra­tif au sein de leur(s) établissement(s).

S&F : Vous avez orga­nisé ces derniers mois diffé­rentes confé­rences (révo­lu­tion numé­rique, Pacte pour un ensei­gne­ment d’excellence, approche inter­ac­tive…), quel bilan tirez-vous de ces acti­vi­tés ?
T.H. et B.R. : Le bilan est réjouis­sant. À chaque fois, le succès est au rendez-vous tant au niveau du public que de la qualité des inter­ven­tions. Le public est varié car la réflexion sur les diffé­rents modes d’apprentissage, sur les valeurs portées par les méthodes et les outils péda­go­giques, sur le milieu scolaire, touche les parents, les ensei­gnants et les étudiants. Les retours sont parti­cu­liè­re­ment posi­tifs. Ces succès renforcent notre volonté de faire de l’enseignement et de l’éducation notre prin­ci­pal vecteur d’activités. Grâce au travail réalisé depuis plus de trois années, la Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation perma­nente de Liège est de nouveau connue et recon­nue.

S&F : Quelle sera votre actua­lité pour les mois à venir ?

T.H. et B.R. : Après avoir proposé, en janvier, une confé­rence consa­crée au Pacte pour un ensei­gne­ment d’excellence et, en février, une confé­rence sur le thème de l’humour comme élément du vivre ensemble, nous étudions actuel­le­ment la possi­bi­lité de proje­ter le docu­men­taire Le Cerveau des enfants, un poten­tiel infini ? et de program­mer une pièce de théâtre C’était pour rire ! abor­dant la problé­ma­tique du harcè­le­ment scolaire. Des dates devraient prochai­ne­ment être arrê­tées pour ces deux événe­ments.

Depuis janvier 2015, de nombreux débats ont agité la sphère scolaire autour du Pacte pour un ensei­gne­ment d’excellence. Les travaux avancent et des réformes impor­tantes sont enga­gées. Il convien­dra de rester vigi­lants et critiques vis-à-vis des évolu­tions à venir. Aussi, il parait fonda­men­tal d’informer l’ensemble des acteurs concer­nés : ensei­gnants, élèves, parents, direc­tions des établis­se­ments, membres des centres psycho-médico-sociaux. Nous y veille­rons.