Salut & Fraternité

Le trimestriel de la laïcité en Province de Liège

  • Audrey Taets
    Audrey Taets
    coordinatrice du service Solidarité

Krach dedans : 3 semaines pour comprendre le monde de la finance

Du 10 au 27 octobre 2018 le Centre d’Action Laïque de la Province de Liège consa­crait au travers de Krach dedans. 3 semaines au monde de la finance. Un peu plus de dix ans après la crise des subprimes, nous avons souhaité reve­nir sur cet événe­ment aux consé­quences lourdes pour les citoyens : austé­rité, creu­se­ment des inéga­li­tés sociales, embal­le­ment de la dette publique, etc.

La ques­tion prin­ci­pale qui traver­sait ces trois semaines : a-t-on réel­le­ment tiré des leçons de ce désastre social ? La program­ma­tion de deux spec­tacles, Études, the elephant in the room et la confé­rence gesti­cu­lée d’Aline Fares, ainsi que la projec­tion du film Dexia démo­cra­tie confis­quée et le lobby tour, nous ont permis d’entrevoir des éléments de réponse :
– Non, tout n’a pas été mis en œuvre afin d’éviter un poten­tiel nouveau déra­page d’une finance folle. L’échec de ladite loi sur la sépa­ra­tion des banques en est l’illustration.
– Oui, le secteur finan­cier via ses puis­sants lobbies a combattu les réformes allant à l’encontre de ses inté­rêts et a pour ainsi dire gagné la bataille.

Les rencontres avec des inter­ve­nants brillants que nous avons reçus dans ce cadre (Olivier Bonfond du CEPAG, Chiara Filoni du CADTM, Olivier Stein, avocat pour ATTAC et le CADTM en 2011, Aline Fares, auteure et mili­tante dans le secteur de la finance) ont tous contri­bué à soumettre ces ques­tions au débat public. Le constat géné­ral qui s’impose à la suite de ces débats : pour éviter une prochaine crise finan­cière, il faut en comprendre les ressorts et s’emparer des leviers collec­tifs et citoyens qui se créent dans le domaine. La finance, les banques, le monde du lobbying nous sont souvent présen­tés comme un univers complexe, réservé aux experts, un monde qui semble éloi­gné du citoyen. Il est pour­tant néces­saire de reprendre du pouvoir sur ces ques­tions qui nous concernent au premier plan. Ces trois semaines y ont contri­bué.