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Véronique Limère,
présidente du Centre d'Action Laïque de la Province de Liège
Le mot de la présidente
Dans une déclaration solennelle adoptée en 2015, les représentants des cultes reconnus et de la laïcité organisée affirmaient : « les Droits de l’Homme, les libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de conscience, l’égalité entre les hommes et les femmes, la séparation des Églises et de l’État, la culture du dialogue, la primauté de l’État de droit sur la loi religieuse, le droit à choisir son mode de vie » sont des valeurs inaltérables qui doivent être défendues et ne faire l’objet d’aucune concession.
Force est de constater aujourd’hui que notre fonctionnement démocratique est ébranlé par des atteintes répétées à l’État de droit et à l’impartialité de l’État. L’impartialité des autorités publiques, principe essentiel d’un État laïque, repose sur l’existence d’une sphère de l’Autorité publique qui nous soit commune. Vivre ensemble implique un cadre de valeurs démocratiques partagées qui, s’il reconnaît le droit à la différence, ne conclut pas à une différence de droits entre les individus. Ce cadre, c’est l’État de droit, qui suppose la pré-éminence du droit sur le pouvoir politique ainsi que le respect par chacun·e, gouvernant·e comme gouverné·e, des lois démocratiquement adoptées.
Acteur de la société civile, le Centre d’Action Laïque reprécisait récemment combien le respect de l’État de droit et d’un contrat social est le pilier de nos démocraties libérales. État de droit car chaque infime mélange des pouvoirs, chaque restriction même temporaire de nos libertés, chaque ralentissement de notre société civile peut avoir des conséquences durables et difficiles à réparer.
La sécularisation constitue le socle de notre vivre-ensemble (…)
Il nous apparaissait urgent de consacrer un numéro de notre trimestriel à éclairer la réflexion sur ce sujet à l’heure où des projets de loi sur les visites domiciliaires, la dissolution des associations, les attaques contre la Cour européenne des droits de l’homme sont autant de coups qui doivent nous alerter en tant que démocrates.
État de droit mais aussi contrat social car, dans un contexte où un sentiment d’injustice sociale grandit, chaque refus d’écouter les citoyen·nes, chaque mesure qui affecte les plus vulnérables, chaque effort imposé qui fragilise les plus précaires, risque de détourner de nombreux citoyen·nes de nos institutions et de nos valeurs démocratiques. Chaque coupe budgétaire dans le tissu associatif qui pallie les carences de l’État, chaque mise sous pression des publics précaires, chaque rupture du dialogue social peut s’avérer particulièrement destructrice pour la cohésion de notre société qu’il convient avant tout de protéger et de renforcer. Soyons vigilant·es et combatif·ves, ensemble !
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