• Audrey Taets
    coordinatrice du service Solidarité

Clichés de classe : des images qui ont fait parler les visiteur·euses

Présentée à La Cité Miroir du 1er septembre au 2 novembre, l’exposition Clichés de classe a montré comment la photographie, de son apparition au XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale, a documenté et mis en scène les rapports de classe.


Les visiteur·euses ont montré un grand intérêt pour la dimension sociale et politique des images.

Beaucoup ont souligné comment les poses solennelles prises par les bourgeois·es contribuaient à affirmer le statut, la respectabilité et l’autorité d’une classe qui imposait sa vision du monde comme référence. L’absence quasi totale de personnes racisées dans ces clichés pris en studio a également interpellé, amenant à s’interroger sur les mécanismes d’exclusion qui se jouent dès la construction de l’image.
À l’opposé, les photographies de manifestations, de grèves et de travailleur·euses ont été lues comme des images d’affirmation collective, porteuses d’énergie, de solidarité et de fierté. Elles rappellent qu’au-delà de la pénibilité du labeur, la classe ouvrière revendique aussi sa place et son identité. Ces discussions ont fait écho aux préoccupations contemporaines avec le sentiment croissant d’une société « où l’on n’a plus le droit d’être vulnérable ».

Au cours des discussion, un parallèle a été largement établi avec les pratiques actuelles sur les réseaux sociaux. Si chacun peut désormais se photographier, beaucoup soulignent que les codes visuels restent très normés.

Enfin, l’expérience du studio photographique et les ateliers d’expression politique proposés autour de l’exposition ont permis de jouer avec les codes, de se mettre en scène, mais aussi de prendre du recul sur ce que nos images disent, encore aujourd’hui, de notre identité sociale et de la place que nous occupons (ou revendiquons) dans la société.

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