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Soheil Ghanbari Matin,
coordinateur de l’asbl Alternatives.
Alternatives, pour l’accès à la culture
L’asbl Alternatives a rejoint les associations laïques de la province le 17 mars dernier. Le but de cette asbl est d’offrir des alternatives pour contrer l’iniquité scolaire causée et alimentée par des inégalités sociales en permettant aux enfants de milieux précarisés d’accéder à des activités culturelles et sportives durant leur temps scolaire et extra-scolaire.
Alernatives se donne pour ambition d’aider les enseignant·es à faire de leur école un lieu d’émancipation. Dans cette école ouverte sur le monde, le temps scolaire s’enrichit, voire se prolonge, par l’organisation d’activités d’initiation culturelle et artistique, de sport ou d’initiation technologique accessibles à toutes et à tous.
Par une offre d’activités culturelles et émancipatoires ouvertes également aux parents, l’asbl souhaite les impliquer dans un processus d’appropriation des enjeux de l’école. Les familles doivent s’y sentir reconnues dans leur identité culturelle. Elles doivent prendre conscience que leur patrimoine culturel a de la valeur et que leurs enfants peuvent s’appuyer dessus pour accéder à d’autres formes de culture.
L’association contribue en outre à compléter l’équipement des classes par du matériel artistique, technologique et culturel.
Soheil Ghanbari Matin
Une nouvelle association au sein de notre fédération
Salut & Fraternité : Quand l’asbl a-t-elle été créée et quelle est l’équipe qui la compose ?
Soheil Ghanbari Matin : Le projet de la création de l’asbl Alternatives a pris ses racines dans un constat fait par l’ancien directeur de l’école Bonne Nouvelle située à Liège, une école fréquentée par une population fragilisée économiquement et socialement. Durant la période de la covid, le directeur est interpellé d’entendre des plaintes de parents d’élèves d’autres écoles qualifiées de « plus aisées » concernant les restrictions des activités culturelles et sportives de leurs enfants ; alors que les enfants fréquentant son école n’en pratiquaient aucune, et ce, même en temps normal.
Sa conviction était que les activités culturelles qualitatives impactent la réussite scolaire des enfants et peuvent aider à l’inclusion. Cette réflexion, suivie d’échanges enthousiastes avec des proches ou encore avec des habitant·es du quartier, l’a ensuite motivé à créer l’asbl.
Il a poursuivi sa mise en place en contactant quelques connaissances, dont moi, qui ont accepté le défi, et l’asbl Alternatives est née.
Aujourd’hui, j’occupe le poste de coordinateur pour ainsi donner suite à l’ampleur qu’a prise ce projet.
S&F : À qui s’adressent les activités proposées et comment sont-elles organisées ?
S.G.M. : Les activités s’adressent à tous les enfants, de la maternelle jusqu’à la 6e année primaire. Nous travaillons actuellement à la fois dans le cadre scolaire et extra-scolaire. Nous proposons des journées sportives et divers ateliers : philo, photo, psychomotricité relationnelle, technologie, apprentissage de musique, théâtre, etc.
Le public principal reste les enfants mais l’idée est d’inclure les parents aux activités afin de réconcilier le milieu familial avec le milieu scolaire et social pour que l’enfant y trouve ses marques et parce que la citoyenneté active se travaille déjà à ce niveau-là.
Nos activités se déroulent sur base d’inscription. Nous avons l’avantage de pouvoir aller chercher les enfants directement dans le milieu scolaire puisque nos locaux se situent sur le site de l’école maternelle. À l’étage, se trouve l’école spécialisée, l’autre bâtiment accueille les élèves du primaire.
C’est à la fois un avantage et un inconvénient d’avoir nos locaux sur le même site. Nous y sommes à l’étroit mais nous faisons de cette faiblesse une force en installant des synergies sur place. C’est également l’occasion d’avoir des contacts avec les parents et d’installer entre nous un climat de confiance.
Nous travaillons donc en concertation avec les instituteur·trices et la direction. Nous nous réunissons afin de cibler les difficultés de l’un·e ou l’autre élève et nous lui proposons une activité qui pourra l’aider à évoluer. Les difficultés sont énormes et l’équipe éducationnelle est ravie de nous avoir en appui !
En parallèle, nous travaillons avec les parents qui, souvent eux-mêmes, suivent des parcours d’intégration sociale et de citoyenneté.
S&F : Pourquoi avoir voulu adhérer au Centre d’Action Laïque de la Province de Liège ?
S.G.M. : Travailler la pratique de la citoyenneté et de l’esprit critique avec les parents et les enfants, valoriser la culture d’origine, l’intégration, l’activité sociale et l’émancipation sociale font partie de nos objectifs. Nous partageons donc les valeurs de la laïcité et nous les mettons en pratique dans les activités que nous proposons.
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