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Sébastien Brunet,
président du Conseil scientifique du Laboratoire des Transitions.
Création du Laboratoire des Transitions
Au printemps de cette année, l’Université de Liège a adopté sa feuille de route Transition. Ce document stratégique réaffirme la responsabilité particulière des universités dans un contexte de crise systémique : former des citoyennes et citoyens capables d’appréhender la complexité des enjeux et d’agir dans un monde en profonde transformation, favoriser la recherche et l’innovation pour comprendre et développer des trajectoires soutenables, faire preuve d’exemplarité dans la mise en œuvre de solutions plus durables. En ce sens, la feuille de route Transition coordonne, structure et balise les nombreuses initiatives concrètes – existantes ou à venir – de l’université en faveur de cette transformation nécessaire.
La création d’un laboratoire des transitions est l’un des projets-phares de cette feuille de route. Son positionnement est original car il prend la forme d’une cellule d’appui à la recherche et à l’enseignement qui a pour objectif de soutenir les équipes de recherche et les enseignants sur la question des transitions dans une triple perspective transdisciplinaire, participative et prospective.
Transdisciplinaire, car la crise que nous traversons est complexe et systémique. Elle nécessite de décloisonner les savoirs et les enseignements pour appréhender les mécanismes multifactoriels à l’œuvre dans les changements environnementaux (effondrement de la biodiversité, changements climatiques…), sociaux et politiques (accroissement des inégalités, confiance dans les institutions, rapports de pouvoir…), économiques et technologiques (instabilité, évolution du travail, révolution énergétique, intelligence artificielle…). Le laboratoire est un incubateur de ces dynamiques mobilisant un haut degré d’expertise et transcendant les frontières disciplinaires au service de la collectivité.
Participative, car les milieux non universitaires disposent d’expertises indispensables à la compréhension des évolutions sociétales et à l’élaboration de solutions. Le Laboratoire des Transitions se positionne donc comme un lieu ouvert à la société civile (citoyens, associations, entreprises…) et un espace d’expérimentation qui hybride les savoirs académiques et non académiques. Il s’ouvrira notamment dans les prochains mois à des experts de la société civile.
Prospective, car dans un contexte de très forte instabilité, il apparaît essentiel de pouvoir penser des trajectoires de transition de manière systémique et sur le long terme. À cet égard, la prospective est un outil puissant permettant d’intégrer les connaissances pour éclairer des scénarios d’avenir sur la base de données objectives et d’expertises multiples. Ces scénarios permettent d’identifier des points d’inflexion qui peuvent contribuer à transformer la société. En ce sens, les activités menées au sein du laboratoire ont pour ambition de mener à l’action.
Le Laboratoire des Transitions sera officiellement inauguré lors de la rentrée académique 2025-2026, mais il rassemble déjà plus de 220 membres.

