Le travail de mémoire : rigueur de l’Histoire et émotion du souvenir
| 16.11.2025 | Maison de la Laïcité de Waremme
par Julien Paulus
Licencié en anthropologie, coordinateur depuis 2006 du centre d’études et des éditions des Territoires de la Mémoire.
Considérée comme un devoir, la pratique mémorielle fut longtemps axée sur le témoignage des victimes et sa transmission auprès des jeunes générations, dans un but fort louable de sensibilisation aux drames du passé. Or si cette démarche permettait sans doute la reconnaissance des faits, sa dimension d’injonction morale empêchait le plus souvent leur compréhension, et en particulier l’importance de celle-ci pour l’appréhension des phénomènes du présent.
Prise comme un travail, la mémoire devient alors une démarche politique qui s’inscrit résolument dans le débat de société et suscite parfois la polémique. Car, en mettant en lumière certains aspects du passé, le travail de mémoire interroge l’histoire de notre société et, ce faisant, questionne ce qui constitue les fondements (récits, images, évènements, légendes) par lesquels celle-ci s’institue en tant que société, quitte à éclairer leurs manquements et leurs contradictions.
L’enjeu est alors de naviguer étroitement entre la nécessaire rigueur scientifique de l’historien et l’indispensable respect de la mémoire des victimes. Ou, pour reprendre les mots de l’historien Enzo Traverso : fonder une dialectique féconde entre la mémoire du passé et la critique du présent.
9h30 : petit déjeuner sur réservation
10h : conférence et échanges