sf100 FranceAretsPar France Arets, Collectif de Résistance Aux Centres Pour Étrangers (CRACPÉ) (texte réduit)

Fin novembre 2006 quatre gardiens du centre fermé de Vottem dénonçaient dans les médias une partie de la face cachée de la politique d’asile et d’immigration menée par les gouvernements successifs en Belgique depuis les années 90 : les atteintes inacceptables à la dignité humaine, les maltraitances et mauvais traitements mis en œuvre dans ces centres fermés pour étrangers.

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Leurs témoignages éclairaient en particulier le sort réservé aux personnes détenues malades ou atteintes de troubles psychiatriques : placement en isolement au cachot, sans soins, pendant des jours, voire des semaines ! Ce sont ici des faits parmi les plus graves qui ont été dénoncés.
Mais ce qu’il faut savoir, c’est que maltraitances, traitements inhumains et dégradants constituent la réalité quotidienne des expulsions et des centres fermés. La violence y est banalisée : il s’agit de centres de rapatriement qui ont comme fonction de préparer l’expulsion et de briser toute résistance à celle-ci. Ainsi chaque jour des personnes qui résistent, se rebellent, sont mises en isolement et au cachot, à Vottem et dans les autres centres. La veille d’une tentative d’expulsion, les personnes sont systématiquement placées au cachot. Des personnes désespérées en arrivent à des tentatives de suicide ; elles aussi se retrouvent au cachot...

Les centres fermés pour étrangers, déni de ­démocratie

Faut-il rappeler que dans les centres fermés pour étrangers se trouvent des personnes qui n’ont commis aucun délit, que ces centres sont en réalité des prisons, ou « camps de la honte... » ? Que la décision gouvernementale de leur multiplication date de 1992 (en 1988, un seul centre le 127 à Melsbroek-aéroport), criminalisant l’étranger, concession faite au programme du Vlaams Blok de l’époque ? Que des enfants sont détenus et souffrent, que la Belgique ne respecte pas la Convention des Droits de l’Enfant ? Que l’actuelle politique restrictive en matière d’asile et d’immigration signifie l’expulsion vers la dictature, la guerre, la misère… au mépris des attaches qui ont été créées en Belgique. Régulièrement, des détenus mènent des actions de grève de la faim, allant jusqu’à mettre leur vie en danger simplement pour pouvoir être entendus et expliquer pourquoi ils refusent leur expulsion...

Une politique qui génère la clandestinité

De par le monde, tous ceux qui craignent les persécutions continueront à chercher asile. Tous ceux aussi qui sont les victimes des guerres, de la misère amplifiées chaque année par la mondialisation de l’économie et l’exploitation du Sud par le Nord… Bientôt s’y ajouteront les victimes des catastrophes climatiques. La plupart d’entre eux restent proches du pays d’origine, se réfugiant dans un pays voisin. Certains risquent leur vie pour parvenir à franchir les barrières de « l’Europe-forteresse » (…).

En Belgique, et dans d’autres pays de « l’Europe forteresse », parce qu’ils ne peuvent obtenir le droit au séjour, ils n’ont d’autre choix que la clandestinité qui résulte de l’échec des différentes demandes d’établissement, ou de l’absence de demande par peur des centres fermés et des expulsions.

Ces centres fermés créés pour dissuader, n’empêcheront personne de chercher asile chez nous, mais ils dissuadent d’entamer les démarches pour obtenir le droit d’asile ou le droit au séjour. C’est ainsi que le gouvernement peut se féliciter de la baisse du nombre de demandes d’asile introduites ces dernières années. Or, la clandestinité, c’est la précarité, et souvent l’exploitation, par différents réseaux.

Nous soulignons que de manière cachée, l’économie belge (agriculture, construction, textile, horeca…) se nourrit quotidiennement de cette exploitation sans que les patrons des firmes ne soient jamais réellement inquiétés. Face à cette situation, l’urgence de la mise en œuvre d’une politique de régularisation s’impose !

 

sf100 sf58 2007 Publié dans Salut & Fraternité  n° 58, Élections législatives : les enjeux, avril-mai-juin 2007, p.4.

 

Le centre fermé de Vottem est une prison

sf100 RobertMoorPar Robert Moor, président (Depuis 2015)

En tant que président du CAL Province de Liège, j’ai d’ailleurs eu comme opportunité d’y entrer à l’appel du CRACPÉ, pour apporter des cartes téléphoniques aux prisonniers. Le centre fermé, ce sont de hauts grillages et des procédures de sécurité à chaque étape. Tout rappelle le système carcéral. C’est un centre d’enfermement destiné à des hommes et à des femmes dont le seul tort, le seul crime, est de ne pas correspondre aux critères adéquats pour rester en Belgique. Les centres fermés sont l’antichambre vers le retour forcé. C’est aussi un signal gouvernemental pour les migrants qui veulent venir en Belgique : « vous n’êtes pas les bienvenus et risquez fort d’être emprisonnés et expulsés » ! C’est inadmissible.

Ainsi, la question des migrants reste irrésolue. Les personnes sans-papiers sont condamnées à vivre en marge de la société dans des conditions épouvantables et à travailler au noir. Ils vivent constamment dans la crainte d’être « raflés » ! C’est hélas le modèle communément admis en Belgique mais d’un point de vue démocratique et en regard de la Déclaration universelle des droits de l’homme, cette attitude reste totalement inacceptable.
Alors que la majorité de la population détourne le regard face à la réalité des personnes migrantes, souvent les personnes qui voient la réalité de plus près changent de regard. En ce sens, l’éclairage régulier du CAL sur cette thématique dont la récente exposition Frontières fait œuvre utile pour changer les points de vue. Quand le migrant n’est plus un anonyme mais une personne, avec femme et enfants, une histoire, une culture, il est alors seulement accepté par les citoyens belges.

Réjouissons-nous aussi de la récente décision du Conseil communal de la Ville de Liège de s’inscrire comme Commune hospitalière, prévoyant logements, écoles, accueil pour les nouveaux arrivants.

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